homme de dos faisant face à un mur d'écrans reliés à internet

Les dernières études sont formelles : notre activité sur Internet consomme une quantité d'énergie considérable. Les réseaux de télécommunication, les centres de données (data centers), les équipements informatiques et les milliards d'appareils connectés représentent aujourd'hui plusieurs pourcents de la consommation électrique mondiale et une part non négligeable des émissions de gaz à effet de serre.

Et ce n'est sans doute qu'un début. Le nombre de personnes connectées continue d'augmenter et nos usages deviennent toujours plus gourmands en ressources numériques. Les besoins liés au stockage des données, à l'intelligence artificielle, au cloud computing, au streaming vidéo ou encore aux objets connectés ne cessent de croître. Certains experts estiment que cette progression pourrait devenir l'un des grands défis énergétiques des prochaines décennies.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

C'est simple : le nombre d'utilisateurs explose et nos usages s'intensifient considérablement. La vidéo en streaming représente à elle seule une part majeure du trafic Internet mondial. Chaque jour, des milliards de vidéos sont visionnées sur les plateformes de streaming, les réseaux sociaux ou les services de visioconférence.

Or, contrairement à une idée répandue, le numérique est loin d'être immatériel. Chaque vidéo visionnée, chaque courriel conservé, chaque photo stockée dans le cloud nécessite des serveurs, des réseaux de transmission et des équipements qui consomment de l'électricité en permanence.

Nos box Internet, nos téléviseurs connectés, nos ordinateurs, nos smartphones et l'ensemble des équipements numériques présents dans les foyers contribuent également à cette consommation énergétique. Individuellement, leur impact paraît modeste, mais multiplié par plusieurs milliards d'utilisateurs à travers le monde, il devient considérable.

L'intelligence artificielle et les nouveaux usages

L'essor de l'intelligence artificielle pourrait également accentuer cette tendance. L'entraînement et l'utilisation de certains modèles nécessitent d'importantes capacités de calcul, ce qui implique des centres de données toujours plus puissants et plus nombreux.

La voiture autonome pose elle aussi de nouvelles questions. Son fonctionnement repose sur de multiples capteurs, des systèmes de calcul embarqués et des échanges permanents de données. Si ces technologies apportent de nombreux avantages, elles pourraient également accroître les besoins énergétiques liés au traitement et au stockage de l'information.

Des progrès technologiques qui limitent néanmoins la hausse

Pour autant, les progrès technologiques permettent également d'améliorer l'efficacité énergétique des équipements. Les centres de données modernes consomment moins d'électricité pour une même quantité de données traitées qu'il y a quelques années, et les constructeurs cherchent en permanence à réduire la consommation de leurs matériels.

Cette amélioration continue explique d'ailleurs pourquoi certaines prévisions particulièrement alarmistes publiées il y a quelques années ne se sont finalement pas réalisées. Mais cela ne signifie pas que le problème ait disparu : la croissance des usages reste extrêmement rapide et continue de faire progresser les besoins énergétiques du secteur numérique.

Chacun peut adopter quelques gestes simples...

En conclusion, personne ne sait aujourd'hui avec certitude si Internet et le numérique absorberont un jour une part majeure de la production électrique mondiale. En revanche, une chose est certaine : la croissance continue des usages numériques soulève d'importantes questions énergétiques et environnementales auxquelles nos sociétés devront répondre.

En attendant, chacun peut adopter quelques gestes simples : ne pas conserver inutilement des milliers de courriels sur les serveurs, trier régulièrement ses fichiers, éviter le stockage superflu de photos ou de vidéos, limiter le streaming lorsqu'il n'est pas nécessaire et éteindre les appareils électriques qui ne sont pas utilisés.

Individuellement modestes, ces gestes prennent tout leur sens lorsqu'ils sont réalisés par des millions d'utilisateurs.


Pour approfondir : ARCEP et ADEME publient régulièrement des études sur l’impact environnemental du numérique.