Illustration par Chat-gpt du trading haute fréquence

Le trading haute fréquence ou HFT (de l'anglais high-frequency trading) est l'utilisation de logiciels informatiques extrêmement sophistiqués capables d'analyser le marché boursier et de lancer des milliers d'ordres d'achats ou de ventes pour des durées de quelques microsecondes.
Nous ne sommes pas en pleine science fiction. Ce type d'ordinateurs existe bel et bien et permet aux traders haute-frequence les plus astucieux des gains considérables sur des volumes très élevés.

Pourquoi effectuer des mouvements boursiers
sur des durées aussi courtes ?

En effet, on peut se demander à quoi cela sert de procéder à des placements pour quelques micro-secondes. N'est-il pas plus rentable de conserver ses actions tant qu'elles montent ?
La réponse est très simple : Vous savez tous qu'une action monte et descend en fonction des variations du marché boursier. Donc il y a forcément le risque de la voir chuter au moment où on s'y attend le moins.
Le plus sûr moyen d'éviter les mauvaises surprises est donc d'acheter une action qui monte et de la revendre une fraction de seconde plus tard. Le gain ainsi réalisé est infime, certes, mais, multiplié un grand nombre de fois sur des milliers d'actions, il peut s'avérer en final très attrayant. Une autre fonction de ces logiciels consiste à repérer de brèves anomalies et à les exploiter. Par exemple on peut noter sur un temps très court une différence de prix pour la même valeur entre deux plate-formes boursières. Le logiciel va donc s'engouffrer dans la faille et va acheter à l'une pour revendre simultanément à l'autre et engranger ainsi un bénéfice certain. Le tout en une fraction de seconde, bien évidemment.

Le problème de la concurrence

Le problème pour ces courtiers à haute fréquence est qu'ils se font concurrence entre eux. C'est donc une course de vitesse qui s'engage entre ordinateurs et c'est bien sûr la connexion la plus rapide qui l'emportera. (par exemple certains se rapprochent physiquement au maximum des lieux d'échange afin de gagner quelques microsecondes sur la rapidité de transfert des ordres) Néanmoins, quelques astuces existent pour ralentir les concurrents : par exemple, certaines stratégies controversées consistent à multiplier très rapidement les ordres afin de perturber les systèmes concurrents. La puissance de calcul ainsi mobilisée chez les concurrents pour cette analyse va forcément les ralentir.

En quoi cette pratique est-elle dangereuse ?

Le gros problème est que ces actions automatisées sont tellement rapides qu'échappent à tout contrôle humain. Les ordinateurs peuvent donc avoir des réactions en chaîne et déstabiliser le marché de façon anarchique, comme ce fut le cas le 6 mai 2010 lors du "crash of 2.45". Ce jour-là, plusieurs grands indices américains ont brutalement chuté pendant quelques minutes sous l’effet d’ordres automatisés massifs et d’un emballement des algorithmes de trading. L'indice a été rétabli après correction.


courbe montrant le Flash Crash du 6 mai 2010 dû à l'emballement des robots du HFT ou high-frequency trading
Flash Crash du 6 mai 2010

En un mot pour simplifier, si un ordinateur se met à vendre en masse, les autres suivent ! Le crash du 6 mai 2010 ne s'est heureusement pas reproduit avec une telle intensité, mais des anomalies sont constantes et des corrections doivent être effectuées quotidiennement. De là à penser que la prochaine crise financière sera essentiellement causée par les ordinateurs, il n'y a qu'un pas que certains experts n'hésitent pas à franchir.

Le trading haute fréquence aujourd'hui

Depuis les années 2010, le trading haute fréquence a encore évolué avec l’essor de l’intelligence artificielle, du traitement massif de données et des infrastructures ultra-rapides capables d’exécuter des ordres en quelques millionièmes de seconde. Les grandes places financières tentent désormais de mieux encadrer ces pratiques grâce à des systèmes de surveillance automatisés, des coupe-circuits boursiers («circuit breakers») et des obligations de transparence accrues.
Les défenseurs du trading algorithmique estiment qu’il améliore la liquidité des marchés et réduit certains écarts de prix, tandis que ses détracteurs considèrent qu’il accentue la spéculation et fragilise la stabilité financière en cas d’emballement informatique.
Une chose est certaine : les marchés modernes dépendent aujourd’hui largement des algorithmes, au point que l’être humain n’est souvent plus en mesure de suivre en temps réel les décisions prises par les machines.

G Denamps