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Pourquoi le crédit n'est-il qu'une émission de fausse monnaie ?

Lorsqu'une banque vous prête des fonds, il ne faut pas s'imaginer qu'elle les a scrupuleusement prélevés de la réserve d'un épargnant pour les transférer vers votre compte. La réalité est qu'elle les a créés d'un simple trait de plume à partir de... rien !
"La création de monnaie ex-nihilo par le système bancaire est identique à la création de monnaie par les faux monnayeurs." (Maurice Allais, prix Nobel d'économie)...
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Couverture du livre les pigeons sont eternels

Une plongée dans le monde machiavélique de la finance
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Création monétaire

et arnaque de l'impôt sur le revenu

par Etienne Chouard

La création monétaire a été laissée aux banques privées afin que celles-ci fabriquent elles-mêmes l'argent qu'elles prêtent ensuite aux États.
L'impôt sur le revenu sert seulement à verser aux banques les intérêts de cet emprunt.
"Dans son essence, la création de monnaie actuelle ex-nihilo par le système bancaire est identique à la création de monnaie par les faux monnayeurs."
(Maurice Allais, prix Nobel d'économie 1988)

Résumé de la vidéo

Dans cette intervention, l’auteur explique comment la création monétaire est enseignée de manière descriptive mais rarement critiquée. Il souligne que les banques privées créent la monnaie et prêtent aux États, ce qui conduit à un système où la dette publique devient structurelle. Selon cette analyse, l’impôt sur le revenu servirait principalement à payer les intérêts de cette dette, plutôt qu’à financer les services publics. L’exemple des États-Unis, notamment la création de la Federal Reserve en 1913, illustre ce mécanisme et son évolution.

Points clés

  • La création monétaire est majoritairement assurée par les banques privées
  • Les États empruntent auprès du système bancaire avec intérêts
  • L’impôt sur le revenu est présenté comme servant en grande partie au service de la dette
  • La dette publique est décrite comme un mécanisme structurel du système monétaire actuel
  • Une critique du manque de débat sur ce sujet dans l’enseignement économique

Lire ici le texte de la vidéo

Moi, j'étais prof de droit à l'économie. J'ai enseigné le droit à l'économie pendant dix ans. Donc, j'ai enseigné la création monétaire, comme tous les profs d'économie, et je l'ai enseigné comme aujourd'hui c'est enseigné, c'est-à-dire que ce n'est pas de façon critique du tout. On décrit, on dit, voilà, c'est comme ça, les banques privées, les banques privées créent la monnaie, ensuite elles vont se refinancer en fonction de leur part de marché, elles vont se refinancer auprès de la banque centrale. Et puis, je passe à un autre sujet, parce que quand on a un cours d'économie, il y a plein de choses à voir, il n'y a pas que la monnaie, il y a le chômage, l'inflation, il y a plein d'autres choses.
Ça ne m'a même pas effleuré, jusqu'à il y a 3-4 ans, ça ne m'a même pas effleuré de contester le système fondamentalement, structurellement, viscéralement, ça ne m'a pas effleuré d'être révolté. Frédéric Lordon, c'est un ami, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, avec qui on discute beaucoup, et qui me disait, quand je lui ai commencé à parler de création monétaire, en me disant, mais c'est incroyable ce truc, les banques privées créent la monnaie, Frédéric me disait, mais tu tombes des nues, d'où tu sors, tout le monde sait ça, on apprend ça en première année de fac. C'est vrai qu'on apprend ça en première année de fac, mais on n'apprend pas à se révolter. On apprend en première année de fac que c'est comme ça, et c'est bien comme ça. Mais ce n'est pas pareil que si on l'apprenait en disant, et qu'est-ce que vous en pensez ?
Parce que quand vous voyez comment ça marche la création monétaire, mais il y a de quoi descendre dans la rue et foutre le bordel à bordel noir, c'est incroyable. Le cas caricatural, c'est les Américains. Les Américains, avant 1913, ils avaient une banque centrale, mais qui était encore sous contrôle des citoyens, plus ou moins, et puis ils n'avaient pas d'impôt sur le revenu. La même année, 1913, ils peuvent marquer cet anniversaire d'une pierre noire, la même année, les banquiers privés, 5 banquiers, ont réussi avec des manœuvres qui sont, vraiment il faut lire ça, c'est passionnant, il faut lire ça. Il y a deux gars qui ont enquêté toute leur vie sur le sujet, et qui ont retracé ça méticuleusement, c'est passionnant. 5 banquiers qui ont réussi à obtenir que quand l'état américain a besoin d'argent, il n'y a pas de problème, c'est nous les banquiers privés qui allons lui donner, qui allons lui prêter, avec un intérêt de 6%.
C'est incroyable, c'est géniall. Ils n'étaient pas endettés à l'époque, du tout, les États-Unis n'étaient pas endettés. Aujourd'hui, la Fédérale Réserve, ils ont décidé de s'appeler Federal Reserve pour que ça ne sente pas. La banque centrale privée, les Américains ne voulaient pas de banque centrale, ils ne voulaient pas la domination de Wall Street, ils ne voulaient pas, ils savaient que c'était dangereux, ils n'en voulaient pas. Et ils ont fait un truc malin, ils ont dit on va l'appeler Federal Reserve. Mais ils ont goûté ça, ils ont voté ça à Noël à l'arrache, ils se sont fait enfumer. Et alors depuis, la dette ne fait que grimper, mais grimper, grimper, grimper. Et la même année, ils ont inventé l'impôt sur le revenu.
C'est le même président Wilson qui a mis en place les deux. Et l'impôt sur le revenu, écoutez, je ne sais pas si ça a été conçu comme ça, mais on dirait que ça, tout se passe comme si, et c'est pareil en France, plus tard, mais pareil en France, tout se passe comme si, premier temps, je commence par endetter l'État à mon endroit, moi banquier, je commence par faire que l'État me doive de l'argent. Et ensuite, pour que l'État ait de l'argent, je fabrique un nouvel impôt qui va servir à financer cet argent-là. Et finalement, je fais bosser les Américains pour moi.
Et moi, je continue à faire rien d'autre que m'acheter mon yacht, mon machin, comme Veblen disait. Mais attendez, c'est que ça marche vachement bien. Et finalement, l'impôt sur le revenu, il prend tout le service de la dette aux États-Unis. C'est-à-dire que toute la masse monétaire des États-Unis qui est de la dette, évidemment, il faudra qu'on prenne le temps d'expliquer ça, la monnaie, c'est de la dette. De la dette de l'État ou de la dette de la banque, mais c'est que de la dette.
En France, c'est pareil. Tout ce que vous payez en impôt sur le revenu, 100% de ce que vous payez, ne sert pas à faire marcher les hôpitaux, les écoles, les services publics. Pas du tout, du tout. Ça part tout dans le service de la dette. C'est-à-dire que ça part dans les poches des riches qui ont prêté à l'État parce que l'État a renoncé à créer lui-même la monnaie dont il a besoin. Nous, en fait, nos représentants, en fait, des félons, des traîtres ont obligé l'État, nous ont obligé à nous endetter auprès d'acteurs privés, donc des gens qui, par définition, ont de l'argent. S'ils peuvent nous prêter, c'est qu'ils ont de l'argent.
A nous endetter auprès de ces gens-là en leur payant un intérêt. Et cet intérêt, alors, il a grandi, grandi, grandi, grandi depuis 1973. Et si vous regardez les déficits de chaque année, ils sont égaux au service de la dette. C'est-à-dire que s'il n'y avait pas la dette, on serait resté à peu près à l'équilibre. C'est-à-dire qu'en fait, le déséquilibre, c'est la formation de la dette et le service de la dette, pas le remboursement. C'est inaccessible, le remboursement, ça fait trop d'argent.
Le service de la dette, juste les intérêts, l'État le prend par l'impôt sur le revenu et le donne aux riches. Purée, mais c'est incroyable qu'on accepte un système pareil. C'est juste incroyable qu'on accepte... C'est incroyable qu'on appelle représentants des gens qui sont capables de nous trahir au dernier degré comme ça. Quand vous faites les milliards et que vous regardez ce qui nous manque pour la Sécu, vous regardez ce qui nous manque pour la retraite, vous regardez ce qui nous manque pour EDF, GDF, tous les services publics, attendez, vous avez tout ce qu'il faut, vous avez tout ce qu'il faut.